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Les Universités Populaires de Parents

Dans le cadre des Universités populaires de parents, les parents, avec l'appui d'un universitaire, mènent des recherches et élaborent des savoirs à partir des questions qu’ils se posent sur des thèmes comme l'échec scolaire ou la transmission des valeurs. Les UPP se créent un peu partout en France et essaiment désormais en Europe.

 
 
 
 
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  • Thématique(s) : Actions pour les parents
  • Association porteuse : ACEPP
  • Réseau de rattachement : ACEPP
  • Date de création : 2005
  • Où : Île-de-France - Paris - Paris
  • Territoire d'implantation : Urbain et péri-urbain - Sur toute la France
  • Qui a eu l'idée : Les parents avec l'association
Besoins identifiés :

L’ACEPP est la fédération des lieux d’accueil petite enfance à implication parentale. Elle a développé depuis 1980, d'abord dans les lieux d’accueil de son réseau puis dans d’autres projets, une vision de la parentalité active, solidaire et citoyenne. L’idée des UPP est née dans un contexte particulier : depuis la fin des années 90, la parentalité est au devant de la scène. Des experts très divers, philosophes, psychologues, sociologues - mais aussi des politiques - cherchent à définir ce qu’est la parentalité, et parfois ce qu’on pourrait attendre des parents. Qu’est-ce qu’être parent ? Comment se déclinent leurs responsabilités ?
Force est de constater que les parents eux-mêmes sont absents de la réflexion… et que des représentations et des stéréotypes habitent les professionnels comme le débat public : les parents de milieu populaire ne « tiendraient » pas assez leurs enfants, renonceraient à leur éducation, seraient à l’origine des comportements inciviques voire délinquants de certains jeunes…
Le risque existe de faire émerger de manière implicite, un modèle du « bon » parent, et de normer ainsi la fonction éducative, à partir des pratiques dominantes et reconnues, en invalidant les savoirs et postures des parents de milieu populaire qui sont souvent invisibles et peu valorisés. Il en résulte pour ces derniers une difficulté à transmettre à leurs enfants ce qu’ils ont reçu sans pouvoir pour autant s’approprier totalement les pratiques éducatives proposées. On fait peser sur les seuls parents une pression qui peut, paradoxalement, les fragiliser dans leur rôle, voire les culpabiliser. La diversité des contextes de vie et les inégalités qu’elle génère sur l’éducation est niée. En montrant certains parents du doigt, on individualise et on simplifie des problèmes complexes dont une des dimensions est en réalité sociétale.

Innovation mise en place :

De façon simplifiée, on peut définir les Universités Populaires de Parents comme des groupes de parents, en général quinze à vingt, qui mènent une recherche sur un thème lié à l’exercice de leur rôle de parent, avec le soutien méthodologique d’un universitaire, et l'appui d'un coordinateur qui s'assure que chacun trouve sa place dans le groupe, recherche des financements et mobilise les acteurs locaux avec les parents. Les parents décident du thème (par ex., l’échec scolaire, la transmission des valeurs, l’autorité, la co-éducation…), de la méthodologie, des partenaires à rencontrer. Les réunions des parents ont lieu théoriquement une fois par mois, en fait beaucoup plus, car ils organisent des rendez-vous entre les rencontres pour faire avancer les travaux. Lorsque le savoir produit est assez construit, ils mettent en débat celui-ci avec d’autres acteurs, élus, enseignants, travailleurs sociaux, pour croiser les points de vue et construire ensemble du dialogue.

Des séminaires de parents inter-UPP et la confrontation des différentes expériences ont permis d’élaborer les différentes étapes de cette démarche originale :
- dans un premier temps, il s’agit de créer une cohésion au sein du groupe dans lequel chacun puisse se sentir à l’aise et reconnu par les autres. Pour cela, les parents échangent sur leurs questionnements et leurs expériences individuelles ;
- à partir de ces questionnements individuels, les groupes identifient une thématique commune pour élaborer ensemble avec l’aide de l’universitaire une question de recherche. Ils contextualisent ensuite les questions individuelles, pour les rendre collectives. Cela permet à chaque parent de se décentrer et de se mettre dans une posture de chercheur. C’est une étape très importante du processus de travail ;
- les parents formulent alors une problématique, une question de recherche, posent des hypothèses et construisent une méthode de recherche propre à chaque groupe ;
- vient alors le temps de recueil des données et la confrontation au terrain, par enquête, questionnaires, entretiens…
- enfin, ils analysent les données ;
- ils mobilisent alors les acteurs sur leur territoire pour mettre leur réflexion en débat avec, selon les UPP, des élus, des enseignants, des travailleurs sociaux, d’autres parents, souvent en organisant des forums locaux.

Il y a donc, dans ce débat autour de la parentalité une dimension qui est non seulement individuelle mais aussi idéologique et politique.

Dans nos esprits, il s’agissait de construire un savoir croisé autour de la parentalité entre parents, universitaires, experts et politiques afin de permettre aux parents de débattre avec d’autres acteurs (partenaires institutionnels, politiques, travailleurs sociaux, experts…) de leur propre vision de la parentalité. Nous pensions en effet que le croisement des savoirs mais aussi des logiques entre parents, universitaires, acteurs locaux, élus politiques pouvait permettre tout à la fois de mieux se comprendre, mais aussi de construire du changement social...
Cette innovation répond à un contexte qui stigmatise les parents des quartiers populaires et ne leur permet pas toujours reconnu dans leur rôle. Les parents ont besoin de se sentir reconnus  et valorisés, que leur parole soit entendue par les institutions. Les UPP sont au nombre de 17 en France et ont essaimé en Allemagne et en Belgique. Les séminaires européens de parents et/ou d’animateurs et universitaires ont pour objectif de permettre des échanges de méthodologie et d’experimentations, de stimuler la participation des parents.

  • Nombre de places : 15 parents par groupe en moyenne.
  • Amplitude horaire :

    Les séances ont lieu une à deux fois par mois.

  • Budget annuel de fonctionnement : 5 000 à 20 000 euros selon les UPP. Gratuit pour les familles.
  • Principaux financeurs :

    Caf, Conseil Régional, Contrat urbain de cohésion sociale, collectivités locales, Ddass (Reaap), Fonds européen.

  • Local : Mis à disposition par les communes

Pour en savoir plus :

Emmanuelle MURCIER

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ACEPP - 15 rue du Charolais

- 75012 Paris
Tél. : 01 44 73 85 29 / emmanuelle[point]murcier[arobase]acepp[point]asso[point]fr / http://uppacepp.eu/

A télécharger : carteupp_1.pdf

 
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